Réhabilitation pour Vichy

Réhabilitation pour Vichy
Le quotidien Corriere della Sera commente la décision de la présidence française de l'UE de tenir une conférence au sommet sur l'immigration au début du mois de novembre à Vichy. Pendant la
Seconde Guerre mondiale, le régime français de Pétain qui a collaboré avec les nazis allemands siégeait dans cette ville. Le journal soupçonne qu'un "banal calcul politique" se cache derrière
cette décision. "Ce n'est pas un hasard si Vichy n'a plus accueilli aucun événement international depuis 1945, et encore moins une conférence sur des thèmes aussi explosifs que l'intolérance et
le racisme. Vichy est la capitale touristique de l'Auvergne et le fief électoral du ministre chargé de l'immigration, Brice Hortefeux. Ce dernier entend faire plaisir à sa région et remplir … les
hôtels d'invités internationaux. Dès lors que les stigmates de la collaboration appartiennent au passé, la voie est libre pour Vichy et la ville auvergnate peut de nouveau avoir des visées
internationales avec son eau minérale et ses produits de beauté. Mais fallait-il que la réhabilitation commence justement par une conférence sur la chasse aux immigrés illégaux ?"
(12.08.2008)
Source: Corriere della Sera - Italie
Photomontage: www.sudeduccreteil.org
Coopérative Espace Noir
Fête de la Lune Noire
Mont-Soleil, terrain de l'open-air festival
En cas de mauvais temps la fête sera déplacée à Espace Noir
Ce samedi 16 août dès 17 h00, Espace Noir organise sa traditionnelle fête de la Lune Noire. Celui-ci se
déroulera à nouveau soit à Mont-Soleil à côté du tennis, soit à Espace Noir en cas de mauvais temps.
Dès 17h00 donc, il sera possible de se restaurer (soupe aux pois, grillades, salades, bar) et de consulter les nombreux ouvrages et documents que les différents infokiosques et mouvements romands
présenteront sur les tables de presse mises à disposition.
Dès 20h00 débutera la partie musicale avec la présence des groupes « Alzheimer » et de « L’homme hareng-nu ». Leur prestation sera suivie de celle d’une chorale anarchiste, montée pour l’occasion
avec la collaboration de participants du camp anarchiste qui se déroule à Mt-Soleil (www.acamp.ch.vu). A noter que cette année, le côté acoustique a été privilégié, puisque seul « L’homme
hareng-nu » bénéficiera d’une sonorisation minimale. « Alzheimer » quant à eux, nous ferons découvrir ce qu’ils appellent « le piano acoustique ».
Coopérative Espace Noir, Rue Francillon 29, Saint-Imier. Tél. 032 941 35 35. Infos et programme complet: www.espacenoir.ch
Des chiffres à ne pas commenter.
Comment transférer les charges patronales vers les salariés ?
D’après une étude de la Drees, (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques), le financement de la protection sociale depuis quinze ans en France a été largement transféré de l’entreprise vers les ménages. En 1990, ceux-ci en finançaient 31% et les entreprises 42%. Aujourd’hui, ils en paient 40% contre 36% pour les employeurs privés et 24% pour les employeurs publics.
Pour les quatre branches de la sécurité sociale (maladie, vieillesse, accident du travail et famille), d’autres chiffres sont tout aussi révélateurs, comme le souligne le Figaro « Alors qu’en 1990 les impôts et les taxes finançaient seulement 3.5% de la protection sociale (hors transfert), ils en représentent 21.2% aujourd’hui. A l’inverse, le poids des cotisations sociales est passé de 80 à 66%. »
Ces résultats s’expliquent par l’invention, en 1991, par Michel Rocard premier ministre socialiste de l’époque, de la CSG, qui frappe tous les revenus des ménages ; salaires, épargne, revenus financier et foncier, indemnités etc. Pour faire avaler la pilule, le gouvernement décide alors d’une baisse des cotisations patronales. Et comme la CSG n’a cessé d’augmenter (de 1.1% à 7.5% en quinze ans) le poids des cotisations patronales a baissé proportionnellement d’autant.
Voilà en tout cas (conclut le Canard enchaîné qui à largement inspiré ce billet) des chiffres que les patrons du Medef, réunis pour leur université d’été à Palaiseau le 27 août, vont sûrement se faire un devoir de ne pas commenter.
Source : Le Canard enchaîné N° 4581
Bioéthique : les évêques préparent leur "lobbying" "

Pendant qu’on s’excite sur Pékin, le Tibet, les Ouigours, le pape à Lourdes, l’Opus par l’entremise de l’ex Ictus : Fondation de service politique, la Fondation Jérôme Lejeune, le Forum de
républicains sociaux de Boutin, la CEF (Conférence des évêques de France) avec l’évêque Arduin, l’Emmanuel qui s’est illustrée au Rwanda, le PPE prépare la révision des lois de bioéthiques pour
nier l’individu. Sur le servage, non aboli à ce jour, l'Opus nous rajoute la féodalité : c’est le groupe et les défenseurs religieux de ce groupe qui prévaudra.
Le Monde du 2 avril 2008 titrait un article : " Bioéthique : les évêques préparent leur "lobbying" "
La journée du 3 avril 2008 était consacrée au Sénat à l'entrée de la bioéthique dans la Constitution. Le 8 janvier dernier, dans son allocution de rentrée, Sarkozy, chanoine du Latran, donnait une nouvelle " mission " à la Constitution : celle de " répondre aux défis de la bioéthique ". Pour Jean-François Sirinelli, directeur du Centre d'histoire de Sciences-Po : " Nicolas Sarkozy est l'homme de synthèse des droites ".
Rien qu’en Italie, les Légionnaires du Christ contrôlent en partie le Centre de bioéthique de l'université romaine du Sacré-Coeur (créé en 1984 par Mgr Elio Sgreccia au sein de la clinique Gemelli, à Rome, Reconnu par l'état Italien en 1992 et désormais cofinancé par celui-ci, en application des Accords du Latran), la liste serait trop longue : les autres membres de l’UE sont autant infiltrés.
Le 4 avril 2008, le cardinal Vingt-Trois est revenu sur le dossier bioéthique préparé par le groupe de travail présidé par Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes : " pour apporter une contribution utile aux débats que va connaître notre pays à l'occasion de la révision des lois dites de "bioéthique" ".
Pour la Fondation Jérôme Lejeune, dans laquelle on retrouve un Jacques Chirac, " les enjeux de la prochaine révision des lois de bioéthique seront complexes et déterminants : cette nouvelle législation orientera fondamentalement notre société en matière de santé et de recherche. Les débats qui précèderont cette révision, organisés dans le cadre d’Etats Généraux en 2009 interpelleront tous les citoyens, et en priorité les professionnels de la santé, les acteurs publics, conseillers, étudiants et responsables de formations impliquant une dimension éthique. Dans cette perspective, l’Institut politique Léon Harmel et la Fondation Jérôme Lejeune ont créé un 3ème cycle déthique médicale. Le jeudi 11 septembre 2008 débuteront les modules abordant les sujets les plus emblématiques (Institut Léon Harmel www.iplh.fr)
La Fondation de service politique sort un GUIDE POLITIQUE DE BIOETHIQUE 2004-2009 : les enjeux de la révision des lois de bioéthique à consulter sur le site : http://www.libertepolitique.com/public/services/revue_article-47-0-0-Les-enjeux-de-la-revision-2009-des-lois-de-bioethique.html
Jean Jacques, individuel et entre autre animateur de l'émission RL ni maître ni dieu
L'origine chrétienne du drapeau européen
L'origine chrétienne du drapeau européen
Le drapeau européen a été adopté définitivement en 1986 mais sa création était déjà vieille de trois décennies. Le Conseil de l'Europe avait choisi en 1955 le projet d'Arsène Heitz, parmi de
nombreux autres, et ses douze étoiles dorées sur fond bleu.
Ce motif est en fait l'attribut typique du culte de Marie. Les représentations de la mère de l'hypothétique JC la montrent toujours auréolée de douze étoiles, souvent sur un fond de ciel bleu
(voir dans une autre fenêtre l'image de la vierge de Medjugorje). L'Apocalypse, chapitre 12, dit effectivement: "Un grand signe apparut dans le ciel, une femme vêtue de soleil avec la lune sous ses pieds et sur sa tête, une couronne de
douze étoiles". Il suffit d'écouter le dessinateur Arsène Heitz déclarer lui-même qu'il avait conçu le drapeau sur le modèle de la médaille dite miraculeuse de la Chapelle de la rue du Bac,
à Paris. Et il faut ajouter à cela que la date à laquelle a été décidée l'adoption du drapeau en 1955, le 8 décembre, coïncide avec celle choisie en 1854 par Pie IX pour célébrer le culte de l'Immaculée Conception de Marie.
Le bleu se voulait officiellement une couleur dépassant les affinités nationales, les autres couleurs incarnant déjà, selon le Conseil Européen, les autres continents. Quant au nombre 12 les
responsables y ont vu un symbole de perfection. Le seul intérêt du nombre 12 est la possibilité de pouvoir être facilement divisé: 2, 3, 4 et 6 sont ses diviseurs. Si cela constitue un avantage
indéniable pour la mesure de diverses quantités comme le temps ou les angles, on en voit mal l'utilité dans le cas de la Communauté Européenne. La véritable justification est donnée sur divers
sites internet de la Communauté Européenne, comme celui du Conseil de
l'Europe: "c'est le chiffre 12 qui est retenu, chiffre qui constitue un signe de perfection et de plénitude, évoquant aussi bien les apôtres que les
fils de Jacob, les tables du législateur romain ou les travaux d'Hercule, les heures du jour, les mois de l'année, les signes du zodiaque". L'inspiration chrétienne alliée à la "magie" du
nombre 12 a donc été déterminante pour les caractéristiques du drapeau. En outre l'adoption définitive du drapeau en 1986 a bénéficié d'une confusion tendant à occulter son origine chrétienne.
Les états membres étaient alors au nombre de douze et on a pu croire à une correspondance exacte avec le nombre d'étoiles, à la manière du drapeau des Etats Unis d'Amérique.
Les références religieuses sont donc omniprésentes dans l'élaboration du drapeau européen. Comme ultime confirmation des affinités cléricales des promoteurs du drapeau, l'Europe a offert à la
cathédrale de Strasbourg un vitrail signé Max Ingrand le 21 octobre 1956 en remplacement du vitrail d'abside détruit par les bombardements en 1944. Une nouvelle fois le culte marial est à
l'honneur par la représentation de la Vierge de Helkenhein, la "protectrice" de la ville. Le site du Conseil de l'Europe n'hésite pas à présenter le vitrail comme une symbolisation du passage de
l'Apocalypse déjà cité.
Une Europe imbibée de légendes religieuses ne peut que constituer un terreau favorable à l'instauration d'une Europe vaticane dont l'étendard est sa création. Devant ce qui reste un signe
religieux manifeste, il n'est nul besoin pour le pape Jean Paul II de faire mystère de la doctrine sociale de l'Eglise: les appels sont donc incessants à une recolonisation catholique des
institutions européennes.
Mais le cléricalisme qui a accompagné l'apparition du drapeau ne doit pas occulter les progrès constitués par l'union des pays européens. Par exemple, la suppression des contrôles aux frontières
est un coup porté aux nationalismes et, dans la recherche scientifique, de nombreux programmes sont financés par la Communauté Européenne. Cette nécessaire construction européenne ne pourra être
poursuivie qu'en l'absence d'ingérence religieuse, une réelle séparation du pouvoir politique et des prescriptions religieuses est l'unique chance assurant la meilleure coexistence aux diverses
opinions philosophiques.
Un dossier sur le drapeau européen a été publié dans La Raison en février 2000.
Décembre 2000

Souhaitons la malvenue au pape !
A BAS TOUTES LES RELIGIONS !
Défendons la liberté de conscience
contre tous les obscurantismes
.
Désormais, le programme de la venue de Benoît XVI est connu dans
ses moindres détails, et le moins qu’on puisse dire, c’est que sa visite ne peut être qualifiée de pastorale. A preuve, sa rencontre avec Sarkozy et les plus hautes autorités de l’État, ainsi que
celle qu’il tiendra avec le milieu de la culture. Nul doute que les intellectuels à gages se presseront au rendez-vous, quant à la teneur des discussions entre le Président de la République et
celui qui amalgame allègrement son statut de chef d’État et de chef spirituel des catholiques, on peut en avoir une idée assez précise si on se réfère à ce que déclarait le 29 mai 2008 le
pontifiant pontife.
Le pape Benoît XVI a fait feu de tout bois en estimant que
l'Italie avait un "besoin urgent" d'une politique en faveur de la famille et que l'État devait apporter son soutien financier aux écoles d'enseignement catholique. "Dans un État démocratique, déclare-t-il, qui s'enorgueillit
de promouvoir les libres initiatives dans tous les secteurs, on ne peut justifier l'exclusion d'un soutien approprié à l'engagement des institutions ecclésiastiques dans le domaine scolaire", le
locataire de l’Elysée ne pourra demeurer insensible à une demande similaire… En matière d’avortement, la ligne catholique n’a pas varié, et la France devrait recevoir un message clair en ce sens.
Mais Benoît XVI a aussi des compétences en matière économique.
"Dans un État démocratique, déclare-t-il, qui s'enorgueillit de promouvoir les libres initiatives dans tous les secteurs, on ne peut justifier l'exclusion d'un soutien approprié à l'engagement
des institutions ecclésiastiques dans le domaine scolaire", le locataire de l’Elysée ne pourra demeurer insensible à une demande similaire… En matière d’avortement, la ligne catholique n’a pas
varié, et la France devrait recevoir un message clair en ce sens. Mais Benoît XVI a aussi des compétences en matière économique : évoquant la panne de croissance de l'Italie, il a estimé que le
pays "devait sortir d'une période difficile, durant laquelle son dynamisme économique et social a semblé s'affaiblir » ce qui constitue un blanc-seing à la
politique ultralibérale que Berlusconi s’apprête à envoyer comme autant de bombes à fragmentation sur les travailleurs italiens ; il félicitera immanquablement le « Cavaliere » français pour le
travail déjà mené dans ce domaine.
Sur la question des immigrés, le pape a souligné que quiconque
leur apportait son aide devait le faire "dans le respect de la loi faite pour assurer le bon déroulement de la vie sociale" , Brice Hortefeux peut dormir sur ses deux oreilles, il ne sera pas déjugé non plus…
Ce n’est donc pas uniquement pour visiter la communauté religieuse
dont il a la charge spirituelle que le successeur du déjà très réactionnaire Jean-Paul II vient en France, c’est pour affirmer sa revendication de pouvoir peser toujours plus sur le déroulement
de nos vies individuelles ! c’est pour conforter son emprise sur la vie sociale ! c’est pour nous inculquer la soumission à Dieu, à l’État et aux patrons !
Ne le laissons pas faire ! Le 13 septembre, alors qu’il doit
célébrer une messe sur le parvis des Invalides, manifestons pour signifier au pape qu’il n’est pas le bienvenu !
- Ni pour les laïques, qui pensent à juste titre que la croyance est du domaine de l’intime et doit rester dans la sphère privée !
- Ni pour les anti-cléricaux, qui pensent à juste titre que les clergés jouent un rôle de contrôle social aux côtés de l’État et du capital !
- Ni pour les athées, qui pensent à juste titre que l’émancipation intégrale du genre humain ne peut se faire tant que restent vivantes les superstitions et la croyance en une transcendance !
- Ni pour les militants et militantes de la
cause des femmes, des gays, lesbiennes, bis et transgenres qui vivent au quotidien l’intolérance religieuse !
Souhaitons la malvenue au pape !
|
Manifestons à Paris |
|
Chaque jeudi dans les kiosques. L’actualité vue par les anarchistes 24 pages en couleurs pour 2 € |
Humour.
Le Gouvernement veut savoir lequel des trois services qu'il
"finance", la DST, le GIGN ou la Police Nationale, est le plus efficace pour attraper les criminels.
On affecte donc une forêt à chaque service et on
lâche un lapin dans chaque forêt. Charge à chaque service de retrouver le sien.
- Le GIGN encercle sa forêt, fait une sommation rapide, mitraille tout, met le
feu au bois, saccage toute trace de vie. Très fiers et sans s'excuser (alors qu'une certaine presse prétend avoir les photos du lapin les bras en l'air), les ninjas rapportent le
cadavre carbonisé du lapin et déclarent : "Mission accomplie".
- Les espions de la DST placent des micros, engagent des lapines bien
roulées, soudoient des renards, truffent des carottes, font de l'intox dans les clairières, interrogent discrètement les plantes et les cailloux. Après un mois d'enquête, ils
concluent : "L'affaire est close, ce lapin n'a jamais existé".
- La Police pénètre dans sa forêt avec le panier à salade, fait une
rafle dans une clairière et revient le lendemain matin avec un sanglier bien amoché qui ne cesse de répéter : "Ok, ça va, je suis un lapin... Je suis un lapin..."
Idée vacances 2

L’été libertaire d’Albert Camus
Jean-Pierre Barou écrivain et éditeur.
QUOTIDIEN : jeudi 7 août 2008
Ces paroles de Catherine Camus, sa fille, sur un sourire mélancolique : «Il a fallu attendre vingt-huit ans pour que cette exposition sur Camus et les libertaires ait lieu.»
On refoulait son attachement viscéral aux anarchistes - espagnols, iraniens, algériens, argentins… -, aux syndicalistes révolutionnaires - le syndicat des ouvriers correcteurs du Livre -, aux objecteurs de conscience pour qui il va jusqu’à formuler un statut à l’intention du général de Gaulle.
Cet été, faites un bond jusqu’à Lourmarin, le village du Vaucluse où Albert Camus acheta une maison en 1958, après son prix Nobel. Il y est de retour, avec sa fratrie.
«La liberté n’est pas un cadeau qu’on reçoit d’un Etat ou d’un chef, mais un bien que l’on conquiert tous les jours, par l’effort de chacun et l’union de tous (1).» C’est son discours, à la Bourse du travail de Saint-Étienne, en mai 1953, devant deux cents syndicalistes. Sur la photo, il est debout derrière les autres orateurs, fidèle à son horizon libertaire. «Je refuse énergiquement d’être considéré comme un guide de la classe ouvrière.»
La petite exposition, à la bibliothèque de Lourmarin, frappe plus fort que le soleil de Provence. Son discours de Saint-Etienne est là, reproduit dans le numéro 9 de la Révolution prolétarienne, un journal grand et gris, comme un jour sans pain. Il collabore à tous les organes anarchistes : le Libertaire, le Monde libertaire, Liberté, Témoins, Défense de l’homme, Contre-courant. Attiré comme le fer par l’aimant. Il prend la défense des anars poursuivis pour menées antimilitaristes pendant la guerre d’Indochine, en 1945.
A l’étranger, la presse de ses frères rebelles le salue. En Italie, Volontà ; en Espagne, Solidaridad Obrera ; en Suède, Arbetaren ; en Allemagne, Die freie Gesellschaft ; au Brésil, Reconstruir. Une revue libertaire de Buenos Aires recueille son «dernier message». A la question : «Les entrevues "au sommet" entre les mandataires des Etats-Unis et l’Union soviétique vous font-elles concevoir quelque espérance quant à la possibilité de surmonter la "guerre froide" et la division du monde en deux blocs antagonistes ?» Albert Camus répond, le 29 décembre 1959, à six jours de sa mort : «Non. Le pouvoir rend fou celui qui le détient.»
Des lettres longues et néanmoins concises : Nicolas Lazarevitch, un anarcho-syndicaliste russe réfugié en France, et sa compagne Ida Mett, tout comme lui des opposants au bolchevisme, au totalitarisme, lui fournissent des informations pour la rédaction de sa pièce, les Justes et son essai, l’Homme révolté, à la source de sa rupture avec Jean-Paul Sartre et la gauche, en 1952.
Mais, en 1958, l’année où il s’installe à Lourmarin, il accroche au mur de son séjour une peinture sur tissu montrant une tara verte, aux membres délicats, la mère de tous les bouddhas ; il soulage la révolte de ses ombres nihilistes - il réprouve les excès anarchistes, en Espagne, par exemple. C’est alors qu’il rédige - il n’en dit rien dans ses Carnets - à la demande de Louis Lecoin, le grand pacifiste, ce projet de statut de l’objecteur de conscience : «La non-violence, écrit-il, qu’on prétend si souvent tourner en dérision, s’est révélée en maints cas très efficace, alors que la résistance armée a manqué le plus souvent son but. L’importance du mouvement de Gandhi, à cet égard, n’est plus à dire.» Déjà, en 1953, dans l’Express, Camus l’avait décrit comme «le plus grand homme de notre temps».
On comprend mieux pourquoi la gauche n’a jamais aimé Camus : trop proche des insoumis. La droite, elle, a espéré le récupérer - mais l’antitotalitarisme de l’écrivain, qui l’a mené à Bakounine, le père de l’anarchie, a débouché, comme nous le rappelle activement l’exposition de Lourmarin, sur la non-violence, jamais sur des interventions armées, fussent-elles disculpées par le droit d’ingérence. «Tuer les hommes ne sert à rien que tuer encore.» L’entrée est libre, naturellement (2).
(1) En octobre 2008, paraîtra Albert Camus et les libertaires aux éditions de l’Egrégore, regroupant l’ensemble des écrits libertaires de Camus - pour 40 % inédits en volume - sous la direction et avec une présentation de Lou Marin (pseudonyme d’un libertaire allemand).
(2) Andrée Fosty, présidente des Rencontres méditerranéennes Albert-Camus, a organisé l’exposition «le Don de la liberté : Camus et les libertaires», jusqu’au 24 août.
Source : Libération 07/08/2008
Idée vacances

Les compagnons de la FA Bulgare (FAB) nous invitent à participer au No Border qu'ils aident à organiser dans la ville portuaire de Patras, en Grèce, où la situation des réfugiés, surtout afghans
mais pas seulement, enfermés à des milliers dans un bidon-ville insaluble et coupés non seulement de l'Europe qu'ils convoitent tant, mais aussi de la ville même où ils habitent, ne peut plus
durer.
Le camp se tiendra du 28 au 31 août 2008.
Plus de détails (en français) ici :
http://www.noborderpatras.org/fr/article.php?id=1
Anarchistes Contre le Mur
|
||
|
|
||
|
|
||
|
Source : Anarchists Against The Wall |
||
|
Traduction : MG pour ISM |
||
|
|
||
